Les deux formats font le même travail, et choisir entre eux n’est pas vraiment une décision technique. C’est une décision sur le moment où vous voulez faire le travail, et sur ce que vous voudrez pouvoir faire du forfait ensuite.
Une SIM physique est une carte. Une eSIM est un profil téléchargé sur une puce déjà présente dans le téléphone. Tout le reste en découle.
Là où la carte physique garde l’avantage
Trois situations, et elles méritent d’être prises au sérieux plutôt que considérées comme un vestige.
La première est un téléphone sans compatibilité eSIM. Beaucoup d’appareils encore utilisés au quotidien n’ont pas de matériel eSIM, en particulier des modèles Android anciens et tout ce qui a été fabriqué avant 2018. Sur ceux-là, la question ne se pose pas.
La deuxième est le transfert du forfait d’un téléphone à un autre. Une carte passe d’un appareil à l’autre en quelques secondes, et revient aussi facilement. Un profil eSIM est lié à l’appareil sur lequel il a été installé : le déplacer suppose donc de demander à l’opérateur de le libérer puis de le réémettre, ce que tous ne font pas.
La troisième est un téléphone acheté bloqué sur un réseau. Les appareils bloqués refusent souvent les eSIM de tout autre opérateur, même une fois le téléphone débloqué, et cette restriction peut rendre une eSIM de voyage impossible plutôt que simplement compliquée.
Là où l’eSIM gagne
L’eSIM est plus pratique pour presque tout ce qui compte pour un voyageur.
Vous pouvez l’acheter chez vous, à minuit, un dimanche, et l’installer avant d’avoir fini vos bagages. Aucune boutique à trouver, aucune file d’attente, aucun passeport à tendre et aucun risque d’arriver après la fermeture sans moyen de se connecter.
Rien n’est envoyé par la poste, donc rien ne se perd. Il n’y a pas de tiroir à ouvrir, ce qui compte sur les téléphones dont le tiroir réclame une aiguille restée dans un tiroir de bureau, et pas de minuscule carte à faire tomber dans un avion.
Et elle laisse votre propre ligne tranquille. Votre SIM habituelle garde sa place, et les deux fonctionnent côte à côte pendant votre absence.
Ce qui arrive à votre propre numéro
C’est ici que les gens attendent un problème et n’en trouvent généralement aucun. Un téléphone compatible eSIM conserve votre propre ligne et le forfait de voyage en même temps. Vous choisissez laquelle porte les données mobiles, et vous choisissez laquelle gère les appels et les messages.
Laissez les données sur l’eSIM de voyage et votre opérateur habituel ne facturera rien, puisque votre propre ligne n’utilise aucune donnée. Désactivez l’itinérance des données sur votre ligne avant de partir : un téléphone qui ne trouve pas son réseau d’origine n’a aucun moyen de faire grimper une facture.
La seule chose qu’une eSIM de voyage ne vous donne généralement pas, c’est un numéro de téléphone qui vous appartienne. La plupart ne fournissent que des données, ce qui signifie que les appels entrants ne peuvent pas vous atteindre et que vos appels passent par une application. Si vous devez recevoir des appels et des SMS, gardez votre propre ligne active pour cela.
Choisir entre les deux
Deux questions suffisent à trancher pour la plupart des gens.
Si le téléphone prend en charge l’eSIM et que vous préférez faire l’installation chez vous, l’eSIM est la voie la plus simple. Sinon, ou si vous préférez vous en occuper après l’atterrissage, une carte achetée en boutique fait parfaitement l’affaire.
La question du prix, honnêtement
On demande souvent quel format coûte moins, et la réponse honnête est que le format ne fixe pas le prix. Le même accès réseau coûte ce que l’entreprise qui le vend décide de facturer, et l’on peut acheter une eSIM chère et une carte abordable dans la même rue.
Deux comparaisons valent mieux, parce que ce sont celles où l’écart est réel.
La première est celle avec l’itinérance de votre propre opérateur. Si votre forfait habituel facture un montant journalier pour utiliser votre enveloppe à l’étranger, ce montant sur une semaine constitue généralement le poste le plus lourd du budget données du voyage. Une eSIM de voyage pour la même semaine est un achat unique et distinct, et comparer ces deux-là est la comparaison qui change la décision.
La seconde est celle avec une carte achetée à l’arrivée. Une carte SIM locale achetée dans une boutique à Marrakech, au Caire ou au Cap peut être peu coûteuse pour une quantité généreuse de données. Ce qu’elle coûte à la place, c’est du temps et de la paperasse : une boutique ouverte quand vous atterrissez, un passeport, une étape d’enregistrement et une file d’attente derrière des gens qui font la même chose. Savoir si cet échange vaut la peine dépend de ce que vaut pour vous votre premier après-midi.
Ce à quoi vous renoncez dans les deux cas
Une eSIM renonce à la possibilité de déplacer le forfait entre téléphones, et elle renonce généralement à un numéro de téléphone qui vous appartienne. Ni l’un ni l’autre ne compte beaucoup sur un voyage de deux semaines, et les deux comptent si vous cassez un téléphone au milieu du séjour.
Une carte physique renonce à la commodité d’une installation faite chez vous, et à la liberté d’arriver à n’importe quelle heure. Les cartes s’achètent auprès de personnes, et les personnes respectent des horaires de boutique.
Aucune de ces listes n’est longue, et c’est pourquoi le choix se règle généralement sur le téléphone plutôt que sur la préférence.
Avant de décider
Une habitude qui évite des ennuis. Renseignez-vous sur votre propre téléphone avant d’acheter quoi que ce soit, car les deux voies en dépendent. Le réglage se trouve en dix secondes, et c’est la différence entre un forfait utilisable et un forfait impossible à installer.
Si c’est la voie de l’eSIM que vous choisissez, comment cela fonctionne en pratique détaille la démarche, et ce que vous recevez à l’achat explique le code qui vous sera remis.