Agadir Maroc : la ville balnéaire, l’aéroport et la route vers l’intérieur

Agadir Maroc pour un séjour balnéaire : la promenade, la baie, le Souk El Had, le séisme de 1960, la ville reconstruite, l’aéroport et la route vers Taroudant.

6 min de lectureInformations vérifiées le 26 septembre 2026

Réponse courte

Agadir est une ville portuaire atlantique de la région Souss-Massa, comptant environ 505 000 habitants dans la commune et plus d’un million dans l’agglomération. Elle fut détruite par un tremblement de terre le 29 février 1960 puis reconstruite un peu plus au sud. C’est donc aujourd’hui un plan en damier moderne, avec des bâtiments aux normes sismiques. C’est la première station balnéaire du Maroc, avec un aéroport à vingt kilomètres environ, une plage de dix kilomètres, et la ville fortifiée de Taroudant à quatre-vingts kilomètres à l’intérieur des terres.

Agadir a été pendant des siècles un petit port, la plupart du temps sans histoire, puis plus rien du tout, avant de devenir ce qu’elle est aujourd’hui. Le nom explique la partie ancienne : agadir est le mot berbère pour une enceinte fortifiée, généralement un grenier collectif protégé, et la ville s’appelait Agadir Ighir, la forteresse du cap, poste de douane entre la vallée du Souss et l’océan.

Ce que vous voyez aujourd’hui résulte d’une décision prise après février 1960, quand les survivants et l’État ont dû choisir s’il fallait se reconstruire au même endroit. La ville a été déplacée légèrement au sud et recommencée de zéro : des avenues, une promenade, et des règles autour de l’utilisation de l’acier. C’est pourquoi Agadir ressemble à une station balnéaire qui se trouve au Maroc, plutôt qu’à une ville marocaine qui se trouve au bord de la mer.

Ce que le séisme de 1960 a fait à la ville

Le tremblement de terre a eu lieu le 29 février 1960 à vingt minutes de minuit, le troisième jour du ramadan. Il a atteint une magnitude de 5,8, ce qui semble modéré, mais il n’était qu’à quinze kilomètres de profondeur, pratiquement sous la ville, et la secousse a duré moins de quinze secondes. Les immeubles bâtis rapidement dans les années 1950, sans norme parasismique et souvent sans grand contrôle, se sont effondrés ; des quartiers entiers de maisons en pisé ont disparu en poussière.

Entre douze mille et quinze mille personnes ont perdu la vie, environ un tiers de la population, et au moins trente-cinq mille se sont retrouvées sans abri. Cela reste le séisme le plus meurtrier de l’histoire du Maroc. La kasbah sur la colline, qui datait du XVIᵉ siècle, s’est effondrée le long de la pente ; son mur restauré reste visible au-dessus de la baie, avec la devise « Dieu, Patrie, Roi » illuminée la nuit, et une vue qui explique le choix du site à l’origine.

La plage, la promenade et la baie

La plage est la raison principale de la venue des visiteurs, et elle le mérite : dix kilomètres de sable arrondis autour de la baie, avec une promenade, des palmiers, une marina et un front de mer qui se remplit chaque soir de promeneurs, de joueurs de football et de familles. La baie est abritée, l’eau fraîche à cause du courant des Canaries, et les vagues sont bien plus douces qu’au nord sur la côte atlantique.

La colline de l’ancienne kasbah se trouve tout au nord, au-dessus du port de pêche, et la montée à pied prend un quart d’heure pour offrir toute la géographie du lieu : l’arc de la baie, le port aux barques sardinières, la nouvelle ville en damier derrière la plage. Le musée de la Mémoire à Talborjt, avec ses photographies de la ville détruite, complète la visite : il est assez petit pour se découvrir en moins d’une heure.

Souk El Had, la kasbah et La Médina

Le Souk El Had est le plus grand marché de la région et l’un des plus importants du pays : une ville fortifiée de six mille boutiques où l’organisation est stricte, mais pas les tarifs : meubles, artisanat, tissus, légumes, viande, épices, articles ménagers et bien plus, avec de vastes étals dédiés aux fruits et légumes de la vallée du Souss.

Pour les achats artisanaux, il faut en général sortir un peu du centre. La Médina, à Ben Sergao, n’est pas une ruine, mais une reconstitution : un artiste italien, Coco Polizzi, y a bâti dans les années 1990 tout un village de style berbère, sur cinq hectares, avec des ateliers d’artisans, un jardin et de quoi se restaurer. Les autres visites en ville à prévoir : le musée du patrimoine amazigh, les oiseaux le long de l’avenue des Administrations, et le marché aux poissons à Anza, où l’on trouve les conserveries et les restaurants de sardines de la côte.

Arriver : l’aéroport, le bus et la route

L’aéroport Al Massira est situé à environ vingt kilomètres au sud-est du centre, dans la commune de Temsia. Il occupe le quatrième rang national avec plus de deux millions de passagers chaque année et une longue liste de vols low-cost européens. C’est ce qui explique le remplissage hivernal depuis l’Europe du nord : le taxi depuis le terminal est rapide et abordable selon les standards européens, le bus local (beaucoup) plus lent et très économique, et la plupart des hôtels du front de mer se trouvent à mi-chemin entre les deux.

L’autre point d’accès est la route. L’autoroute vient de Marrakech : trois heures depuis Marrakech, cinq à six depuis Casablanca, et depuis Essaouira, la côte se fait par une route sans autoroute, plus lente mais beaucoup plus jolie. En ville, une ligne de bus à haut niveau de service dessert trente-cinq stations entre le port et Tikiouine : c’est le moyen de transport local à connaître, en plus des petits taxis.

Quand venir

Agadir se distingue par l’absence d’hiver, et les chiffres le confirment : les maximales moyennes s’étalent de 21,2 °C en janvier à 27 °C en août, soit six degrés de différence dans l’année, et la ville profite de près de trois mille heures d’ensoleillement. Les précipitations atteignent autour de 230 millimètres, concentrés presque exclusivement entre novembre et mars.

L’exception : le chergui, vent venu du Sahara une ou deux fois par an, qui peut faire monter la température au-dessus de quarante degrés pendant deux à cinq jours. En août 2023, la ville a atteint 50,4 °C, ce qui fait d’Agadir un des rares sites côtiers du monde ayant franchi ce seuil des cinquante degrés. Si vous venez en fin d’été, prévoyez ce risque. La réponse, c’est d’être proche de l’eau.

Vers la côte et dans la vallée

Au nord, la côte devient pays de surf : Taghazout et Tamraght, à vingt minutes de route, sont des villages de surf camps et de location de planches, prolongés vers Essaouira par d’autres plages à l’infini. Vers l’intérieur et le nord-est, la route grimpe à Imouzzer Ida Ou Tanane et aux piscines de Paradise Valley, très fréquentées les week-ends de chaleur, mais authentiquement belles un matin de semaine.

La classique excursion à la journée se fait plutôt vers l’est. Taroudant est à quatre-vingts kilomètres dans la vallée du Souss, ville fortifiée avec une place animée, des souks et des remparts qu’on visite en une après-midi. L’oasis de Tiout se trouve encore vingt kilomètres plus loin. Au sud, Tiznit (90 km) est connue pour son marché de l’argent, Legzira plus loin pour ses arches naturelles dans les falaises, et encore au-delà, Sidi Ifni. Le parc national de Souss-Massa et l’embouchure du fleuve Oued Massa (environ 70 km au sud) sont l’endroit idéal pour observer les oiseaux.

Agadir ne trompe pas sur ce qu’elle offre : la lumière, l’eau, la longue promenade. Utilisez-la comme point d’appui pour rayonner dans la vallée ou le long du littoral, et partez à la journée vers Taroudant ou Essaouira dès que la plage aura fait son effet. Ce n’est pas le Maroc des guides, mais c’est une très bonne version d’un séjour balnéaire.

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