Pourboire Maroc : combien donner, à qui et quand

Le Maroc n’est pas un pays où vous devez calculer un pourcentage. Il n’existe pas d’équivalent aux vingt pour cent américains, et aucun serveur ne compte sur votre monnaie pour payer son loyer. À la place, il existe une série de petits moments précis où quelques dirhams changent le cours des prochaines minutes.

5 min de lectureInformations vérifiées le 26 septembre 2026

Un collage de papier découpé représentant une table de café au Maroc : un petit plateau en laiton avec un verre de thé à la menthe, un billet plié et des pièces de monnaie à côté, un panier à pain tressé et une serviette pliée, avec des arcs dorés de signal dans un coin.

Réponse courte

Un pourboire au Maroc est volontaire et modeste. Laissez la monnaie rendue dans un café, arrondissez la note au taxi, et donnez un billet à toute personne qui a rendu un service en plus : le porteur qui place votre bagage en soute, l’employé qui vous frotte au hammam, la personne qui vous accompagne hors de la médina si vous vous êtes perdu. Ce qui coûte le plus aux voyageurs n’est pas le pourboire, mais le prix de l’opération elle-même. Un petit taxi utilise le compteur, qui démarre à 1,70 dirham avant 20h, et 2,40 après, avec un minimum de 7 dirhams de jour et 10 la nuit ; les taxis aux gares et aéroports demandent de deux à dix fois plus. L’autre piège concerne tout ce qui se dit gratuit, des tatouages au henné aux assiettes qui arrivent sur la table sans commande et apparaissent à 5 dirhams sur l’addition.

Dans ce guide
  1. Quelle est la vraie règle
  2. Taxi : où va réellement l’argent
  3. Les moments où le billet est attendu
  4. Les services soi-disant gratuits
  5. La petite monnaie, clé du système entier

Le Maroc distingue deux types de paiements : le prix, affiché quelque part, et le billet donné en plus, qui ne l’est pas. Presque toutes les mauvaises expériences des voyageurs viennent de la confusion entre les deux, et très rarement d’un serveur.

Le pourboire lui-même est simple. C’est le prix des courses et des fausses offres gratuites qui font grimper le budget d’une semaine, donc mieux vaut connaître les montants à l’avance plutôt que de les négocier derrière une vitre de taxi.

Un collage papier représentant une table de café au Maroc : un plateau en laiton avec un verre de thé à la menthe et une théière, quelques pièces et un billet plié reposant sur un tissu tressé, un panier à pain posé à côté.

Quelle est la vraie règle

Un pourboire est par définition volontaire, et il n’existe pas de pourcentage officiel au Maroc. Les voyageurs adoptent à la place l’habitude qui fonctionne dans la plupart des pays d’Europe du Sud : laisser la monnaie rendue dans un café, arrondir la course d’un taxi, et donner un petit billet à qui a fait quelque chose pour vous au-delà de la transaction.

La différence ici tient à l’échelle. Les prix au Maroc sont bas, donc ces montants ne sont pas symboliques. Un tagine coûte entre 25 et 60 dirhams, un couscous dans la même fourchette, un thé à la menthe 6 à 8, un jus d’orange 4, une galette de pain moins de 2. Face à ces montants, un billet de 10 dirhams représente un sixième d’un repas : personne ne le prendra pour une insulte, et donner 50 dirhams pour une addition de 30 passera pour une erreur plus que pour de la générosité.

Départ du compteur du taxi, avant 20h
1.70 dh
Minimum pour une course en taxi de jour
7 dh
Pourboire adapté au porteur de bagage
5 dh
Plafond pour se faire accompagner hors de la médina
20 dh
Source : Wikivoyage, Maroc et Marrakech, relevés de prix et enquêtes taxi (vérifié le 26 septembre 2026)

Taxi : où va réellement l’argent

C’est l’affaire du tarif plus que du pourboire, et c’est là qu’une semaine de pourboires disparaît en dix minutes. La loi impose le compteur pour les petits taxis urbains : il démarre à 1,70 dirham avant 20h et 2,40 après, le minimum est de 7 dirhams en journée et 10 la nuit. Dix minutes de course coûtent environ 20 dirhams au compteur. De la gare de Marrakech à la place centrale, comptez 12 à 13.

Les chauffeurs qui attendent aux gares, aéroports ou près de la place refusent souvent le compteur et réclament 50 à 70 pour la même course. L’aéroport de Marrakech propose un prix fixe de 200 dirhams sur automate, alors qu’un taxi pris sur la route à 200 mètres coûte environ 60, et un grand taxi jusqu’à la médina autour de 150. S’éloigner de cent mètres d’un rang de taxi avant de lever la main est le conseil le plus utile de ce guide.

Une fois au compteur, le pourboire consiste à arrondir simplement : 13 devient 15, et les pièces passent dans la main du chauffeur plutôt que de rester dans la vôtre.

Qui demande, et devez-vous payer ?

Avez-vous demandé le service, ou est-il arrivé sans sollicitation ?

Un prix a-t-il été convenu d’avance ?

Avez-vous reçu une addition ou une demande de paiement ?

Payez ce qui a été convenu, puis arrondissez

Un bagage porté jusqu’à la soute, un gommage au hammam, un taxi avec compteur, une personne vous ayant sorti de la médina : vous avez convenu la somme, payez-la et ajoutez la petite monnaie. Cinq dirhams pour le bagage, vingt pour la médina.

Laissez tout de même un petit geste

Vous avez demandé, le résultat vous convient et personne n’a annoncé de prix. Cinq ou dix dirhams suffisent et évitent la discussion. Énoncez la somme en la remettant en main propre, plutôt que de laisser un billet sur une table où l’on ne saura pas à qui il revient.

Vérifiez l’addition avant de payer

Il s’agit ici des stands de nourriture ou du henné : des assiettes de frites ou de salade arrivent sans commande à 5 dirhams l’unité, ou un tatouage soi-disant offert qui vaut dix fois le prix payé par un local. Réglez uniquement ce que vous avez commandé et rendez le reste.

Rien, sans besoin d’être désagréable

Un inconnu annonçant une rue fermée, un commerçant vous expliquant qu’un artisan passe tous les quinze jours, un guide qui s’impose durant votre trajet : ce ne sont pas des services et vous ne devez rien. Un simple « la shokran » et poursuivre votre chemin suffisent.

Les moments où le billet est attendu

Bagages d’abord, car c’est le plus flou. Dans un car Supratours, celui qui porte votre sac jusqu’à la soute demandera jusqu’à 20 dirhams et s’attend à ce que vous donniez : 5 est la somme juste. CTM est la seule compagnie qui facture légalement ce service et remet un reçu. Rien à payer pour un bagage gardé près de vous.

Un hammam populaire est peu onéreux, et le gommage est la partie payante : 10 à 15 dirhams pour l’entrée dans un hammam de quartier, 30 à 50 environ pour le gommage, et vous devez venir avec savon, gant et serviette. Un hammam touristique débute vers 150 dirhams et inclut la prestation, donc le pourboire est alors plus faible et optionnel. L’argent revient à la personne qui vous frotte et vous rince.

Vient la médina, où les montants sont modestes mais où le savoir-vivre compte beaucoup. Si vous êtes perdu et qu’on vous accompagne jusqu’à une route où un taxi s’arrête, 20 dirhams est un maximum, jamais un début de négociation : il faut fixer la somme avant de partir et la donner en pièces. Une femme de chambre vous lavera un sac de linge pour 50 à 100 dirhams et répondra "comme vous voulez" à la question du prix, façon de vous inviter à déterminer le montant. Au marché aux poissons, faire vider son achat coûte 1 à 2 dirhams.

Les services soi-disant gratuits

Ce qui coûte le plus cher au Maroc, ce sont les choses annoncées comme gratuites. Le henné proposé sans frais sur la place se termine par une demande insistante, parfois dix fois plus élevée que pour un local ; plus le motif est foncé, plus il risque de contenir des produits que vous préféreriez éviter. Une photo avec un serpent, 20 dirhams : acceptable… si vous souhaitez la photo. Dans les stands de la place Djemaa el-Fna, assiettes de frites et salade arrivent sans commande et apparaissent à 5 dirhams sur l’addition.

L’autre catégorie concerne l’orientation. Un inconnu qui vous annonce qu’une rue est barrée, un commerçant expliquant qu’un artisan ne vient qu’une fois tous les quinze jours, un homme muni d’une carte plastifiée qui s’impose comme guide : rien de tout cela n’est un service, rien ne donne lieu à un paiement. La phrase qui ferme la conversation est « la shokran » , merci, suivi immédiatement de la reprise de votre marche.

La petite monnaie, clé du système entier

Les pièces sont de 0,50, 1, 2, 5 et 10 dirhams, les billets de 20, 50, 100 et 200 ; dans la pratique, on ne voit guère de coupures inférieures à 20. Personne n’a de monnaie, ni taxi, ni café, ni réception de l’hôtel pour la taxe touristique. Changez donc un gros billet dès que possible, gardez une poche remplie de pièces et de billets de 20, et n’offrez jamais un billet de 100 dirhams pour une course à 7.

La carte bancaire est acceptée dans les restaurants, hôtels et rares grandes boutiques. Les taxis, marchés, pourboires et taxe touristique demandent du liquide, et un retrait DAB dans la plupart des banques marocaines ajoute environ 30 dirhams, en plus des frais de votre banque : une raison de retirer plus, moins souvent. Seule Al Barid n’appliquait aucun frais en mars 2024.

Avant de quitter l’hôtel le matin

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Dans la poche
Les habitudes qui économisent plus qu’un pourboire

Bien gérer son argent au Maroc tient moins à la générosité qu’à la distinction entre ce qui se discute et ce qui ne se discute pas. Le compteur, le prix d’un plat ou le billet remis à un porteur ou employé de hammam ne se négocient pas : c’est un geste, pas une obligation. Tout le reste est négociable… et se règle vite si vous avez la monnaie prête.

Les questions des voyageurs

Combien donne-t-on de pourboire au Maroc ?

Aucun pourcentage n’est obligatoire. L’usage est de laisser la monnaie rendue dans un café, d’arrondir une course de taxi au cinq ou dix dirhams supérieurs, et d’offrir un petit billet pour un service rendu : cinq dirhams pour un bagage porté en soute, dix à vingt pour sortir de la médina, et des montants similaires pour un gommage au hammam. Les prix au Maroc sont bas, donc ces sommes ne sont pas symboliques.

Faut-il donner un pourboire aux taxis au Maroc ?

La vraie question, c’est le prix de la course. La loi impose le compteur pour les petits taxis en ville : il démarre à 1,70 dirham avant 20h et 2,40 après, avec un minimum de 7 dirhams de jour et 10 la nuit. En pratique, les chauffeurs aux gares, aéroports ou sur la place refusent souvent le compteur et demandent 50 à 70 dirhams pour un trajet qui en coûte 13. Exigez le compteur, ou fixez le prix avant de monter, puis le pourboire consiste simplement à arrondir.

Le service est-il inclus dans les restaurants marocains ?

En général, les restaurants marocains facturent ce qui est écrit sur la carte, et l’addition correspond au prix indiqué. Rien ne vous oblige à ajouter, rien ne vous en empêche. Laisser la petite monnaie sur une addition modeste, ou dix dirhams sur une note plus élevée, est courant, et c’est ce que la plupart des Marocains font lorsqu’ils mangent au restaurant, ce qui est rare en dehors des grandes villes.

Donne-t-on un pourboire au hammam au Maroc ?

Oui, et le gommage est la partie rémunérée. L’entrée d’un hammam populaire coûte environ 10 à 15 dirhams, le gommage 30 à 50 dirhams, et il faut apporter son savon, son gant et sa serviette. Dans un hammam touristique, l’entrée débute à 150 dirhams et le service est inclus. Dans les hammams populaires, le pourboire est destiné à la personne qui vous frotte et vous rince.

Doit-on payer la personne qui vous montre le chemin dans la médina ?

Uniquement le montant convenu, jamais plus de 20 dirhams. Si vous êtes vraiment perdu et qu’on vous accompagne jusqu’à une route où passera un taxi, 20 dirhams est un maximum, pas une base : fixez le montant avant de partir et ayez la somme exacte sur vous. Si un inconnu vous annonce qu’une rue est fermée ou qu’un lieu est fermé, il ne vous rend pas service, vous ne lui devez rien.

Sources

Informations vérifiées le 26 septembre 2026

  1. Wikivoyage, Marrakech : début du compteur à 1,70 dirham et 2,40 après 20h, minimums à 7 et 10, tarif fixe aéroport/ville comparé au street price, prix des hammams, lavage du linge, photos avec les serpents et taxe touristique (vérifié le 26 septembre 2026)
  2. Wikivoyage, Maroc : porteurs de bagages Supratours et CTM, prix des hammams populaires et du gommage, éviscération au marché aux poissons, pièces et billets en circulation, problème de la monnaie, frais DAB (vérifié le 26 septembre 2026)
  3. Wikivoyage, Pourboire : le principe qu’un pourboire n’est jamais exigé légalement et que la pratique varie selon les cultures (vérifié le 26 septembre 2026)
  4. Wikipédia, Dirham marocain : coupures en circulation et monnaie non convertible (vérifié le 26 septembre 2026)

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