Johannesburg est la plus grande ville d’Afrique du Sud, capitale économique du pays, la plus riche d’Afrique par sa production et sa richesse privée, et elle existe grâce à un filon d’or. La ville a été fondée en 1886 sur des terres agricoles après la découverte d’or sur le Witwatersrand, et en moins de dix ans la population dépassait les cent mille habitants. Les terrils qui ceinturent la ville, visibles de presque partout comme des crêtes jaune pâle à l’horizon, en témoignent encore.
La ville actuelle est une fusion d’espaces longtemps séparés et inégalitaires : la ville elle-même et ses quartiers résidentiels, mais aussi les townships, dont Soweto, réservé aux habitants noirs jusqu’en 1994. Traverser Johannesburg, c’est traverser une histoire politique, et les musées majeurs du pays s’y trouvent pour cette raison.
- Fondée après la découverte d’or
- 1886
- Population, ville, 2022
- 4,803,262
- Population, aire urbaine
- 15,099,422
- Altitude : explique le climat
- 1,753 m
Que voir
Constitution Hill, sur le site d’un ancien fort et de prisons où furent détenus Gandhi et Mandela, abrite aujourd’hui la Cour constitutionnelle et un musée bien plus passionnant qu’il n’y paraît. Le musée de l’Apartheid, au sud du centre, est celui dont tout le monde se souvient : trois heures de photos, documents et vidéos conçues pour qu’on ne puisse tirer autrement l’essentiel du message. Pour un récit plus ancien, l’Origins Centre de Wits retrace l’histoire humaine de la région, et le berceau de l’Humanité, une heure à l’ouest, rassemble les sites fossiles qui ont bouleversé cette histoire.
Soweto est le quatrième temps fort, et le plus vaste. Vilakazi Street est la seule rue au monde où ont vécu deux lauréats du Nobel, le musée Hector Pieterson rappelle le soulèvement de 1976, et la vie ordinaire du township, restaurants shisanyama, églises et marchés, mérite votre temps davantage que ne le permet une simple traversée.

Forme de la ville et où loger
Sandton est le quartier d’affaires, la base la plus simple : grandes tours, centre facile à pied et connexion directe au Gautrain. Rosebank est plus calme mais aussi pratique. Le centre et Braamfontein offrent l’art, les cafés et une atmosphère plus brute, intéressants le jour mais à éviter la nuit. Melville et Parkhurst sont des rues pavillonnaires où l’on vient dîner. Les distances sont grandes et la marche d’un quartier à l’autre n’est pas adaptée : le choix du point de chute détermine le déroulement de vos journées.
Se déplacer
L’aéroport international OR Tambo est la porte d’entrée de la région, et le Gautrain permet d’en sortir tranquillement : quinze minutes pour rejoindre Sandton, puis Rosebank, Marlboro et Pretoria. Les VTC sont très présents et peu onéreux : la majorité des voyageurs les utilisent pour le reste. Les taxis traditionnels ne se hèlent pas dans la rue, et les minibus fonctionnent mais sont réservés à un public averti.
Climat, altitude et orage de l’après-midi
Johannesburg est perchée à environ 1 750 mètres, d’où un temps doux toute l’année et un soleil plus fort que la température ne le laisse penser. L’été, d’octobre à mars, est doux à chaud, rythmé par de courtes averses orageuses l’après-midi qui disparaissent en une heure : la ville reçoit environ 720 mm de pluie chaque année, presque exclusivement d’octobre à avril. L’hiver, de mai à août, est sec et ensoleillé le jour, très frais la nuit, avec des températures pouvant descendre à quelques degrés et du givre dans les quartiers bas, et il ne pleut quasiment plus pendant plusieurs semaines.
L’air sec et l’altitude nécessitent quelques précautions les premiers jours : buvez plus qu’à l’accoutumée, mettez de la crème solaire même par temps frais, et évitez les longues marches juste après déjeuner en été, lorsque l’orage arrive.
Manger, l’art et là où la ville se vit vraiment
Johannesburg est une mosaïque de quartiers, pas un centre unique, et les secteurs qui comptent ont beaucoup changé ces trente dernières années. Maboneng, à l’est du centre, rassemble d’anciens entrepôts convertis en ateliers, restaurants ou appartements. Braamfontein, jouxtant l’université, est fréquenté par les étudiants et les marchés du week-end. Rosebank et Sandton version sophistiquée proposent galeries et rooftops. Melville et Parkhurst sont des rues résidentielles riches en restaurants où l’on vient en voiture.
La cuisine reflète la diversité : grills portugais et mozambicains, éthiopien, indien, chinois, cuisines d’Afrique de l’Ouest, et une culture café installée partout. Pour le visiteur, l’essentiel est de considérer le dîner comme une destination : choisissez un quartier, réservez, et allez-y en voiture.
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Les musées, et le centre-ville
Constitution Hill le matin, sur l’ancien site du fort et de la prison, puis le musée de l’Apartheid (comptez trois heures et un peu de recul). Manger à Maboneng ou Braamfontein, marcher là où c’est possible, finir en soirée à Melville ou Parkhurst. Cette journée permet de comprendre l’ensemble du pays.
Soweto, une vraie journée
Vilakazi Street, où vécurent deux prix Nobel, musée Hector Pieterson et la maison Mandela, puis déjeuner au shisanyama, les grillades du township où la viande est à l’honneur. Privilégiez un guide originaire du quartier plutôt que les bus classiques, et prenez le temps de manger sur place au lieu de repartir trop vite.
Hors de la ville : le berceau de l’Humanité
À une heure vers l’ouest, les sites fossiles de Sterkfontein et le centre des visiteurs de Maropeng racontent l’origine de l’humanité sur les terres où ces fossiles ont été découverts, et la route est agréable. Passez la nuit dans le Magaliesberg ou une réserve pour transformer une escale en véritable excursion.
Quelques heures entre deux vols
Prenez le Gautrain jusqu’à Sandton : quinze minutes pour profiter d’une ville inconnue avec cafés, centres commerciaux et hall d’hôtel à distance de marche de la gare. N’essayez pas d’atteindre le centre ni Soweto sur une escale courte : la circulation est imprévisible et les contrôles à OR Tambo prennent du temps.
Sécurité, en toute franchise
La criminalité à Johannesburg est importante, et l’ignorer n’aurait aucun sens. Ce qui importe, c’est sa concentration : dans certains quartiers, à certaines heures, notamment autour des voitures, téléphones ou pour les piétons isolés après la nuit tombée. Les précautions sont simples et suivies par tous : privilégiez le VTC la nuit, rien de visible dans une voiture, le téléphone hors de vue en rue, évitez la marche dans les rues calmes le soir, et fiez-vous au jugement de votre hôtel ou d’un résident le premier jour.
En appliquant ces règles, la ville ne vous mettra pas plus mal à l’aise qu’une grande métropole. Les oublier, en revanche, expose réellement.
Avant la ville
0/8
Johannesburg n’est pas une ville pittoresque et ne cherche pas à l’être : c’est une métropole active, construite sur l’or, avec les musées majeurs du pays, un township qui a marqué la planète, et un aéroport rendant la région accessible. Accordez-lui deux jours et non une simple nuit, et c’est elle dont vous parlerez.




