L’Afrique du Sud est un pays où les statistiques sur la criminalité peuvent inquiéter et où l’expérience des visiteurs est des plus banales : ces deux réalités coexistent, car la criminalité ne touche pas uniformément tout le territoire. Le pays affiche l’un des taux d’homicide les plus élevés au monde et un problème important de criminalité organisée, mais la grande majorité de ces délits se concentre dans quatre provinces, dans les principales zones urbaines et dans certains quartiers en particulier.
La différence entre les villes est réelle et mérite d’être comprise. Au Cap, la criminalité violente est concentrée dans une liste précise de quartiers, principalement en raison de conflits entre gangs, et le reste de la ville poursuit une vie ordinaire. À Johannesburg, la criminalité s’étend sur l’ensemble de la métropole, portée par la pauvreté et la densité de population. Ces deux schémas ne correspondent ni au Waterfront, ni à Sandton, ni aux vignobles, ni à la Garden Route, ni aux réserves animalières ; ils décrivent des endroits où vous n’irez pas.
- Là où la criminalité se concentre
- 4 provinces
- Le risque réel pour vous
- Circulation
- Numéro police urgence
- 10111
- Numéro d’urgence depuis un mobile
- 112
Ce qui arrive réellement aux visiteurs
Trois incidents concernent les visiteurs : un accident de la route, un vol de téléphone ou de sac, et le bris de vitre d’un véhicule en stationnement. Ce sont des situations banales, évitables, et elles constituent de loin la majorité des soucis rencontrés : la circulation urbaine est dense et rapide, les téléphones sont visibles et convoités, et un sac déposé sur un siège attire irrésistiblement l’attention.
Viennent ensuite les catégories qui ont fait la réputation négative du pays : braquages à main armée et car-jackings. Ils existent, c’est pour cela que tout le monde ferme ses portes en voiture dans les embouteillages et que personne ne s’arrête pour un inconnu sur une route isolée la nuit, et ces habitudes sont à adopter sérieusement, pas à prendre pour de la paranoïa. Elles fonctionnent réellement.

Les habitudes qui permettent un séjour tranquille
Voyagez de façon réfléchie plutôt qu’improvisée. Utilisez une application de VTC après la tombée de la nuit au lieu de marcher. Rangez le téléphone en poche plutôt qu’à la main dans la rue. Ne laissez rien de valeur visible dans une voiture garée. Privilégiez les parkings surveillés et laissez un pourboire à l’agent présent. Demandez conseil à votre hébergement sur les quartiers à éviter, et fiez-vous rigoureusement à leur réponse : les habitants sont précis et fiables sur ce point.
Deux avertissements particuliers. Les sentiers de Table Mountain et de Lion’s Head sont connus pour des agressions, en particulier tôt le matin et en fin de journée : partez en groupe et restez sur les parcours fréquentés. Et les manifestations ou protestations concernant les services publics peuvent bloquer une route durant des heures, parfois avec des jets de pierres sur les véhicules. Consultez l’actualité avant un long trajet et choisissez une déviation plutôt que de vous retrouver bloqué dans une foule.
La conduite, le vrai enjeu sécurité
Il s’agit là de l’aspect le plus crucial mais le moins commenté. Les routes sud-africaines connaissent un taux d’accidents mortels important, et les risques sont spécifiques : piétons et animaux sur les axes non éclairés après la tombée de la nuit, longues lignes droites incitant à accélérer, minibus-taxis qui s’arrêtent brusquement, poids lourds nombreux sur la N2 et la N3.
Les solutions sont simples et appliquées par tous les habitants. Roulez de jour lorsque c’est possible. Gardez portes verrouillées et vitres fermées dans les bouchons. De nuit, laissez une longueur de voiture devant vous afin d’avoir toujours une échappatoire. N’arrêtez-vous pas pour un inconnu sur une route déserte, et si vous heurtez quelque chose dans le noir, évitez de sortir seul. Privilégiez les autoroutes à péage plutôt que les petites routes, et ne conduisez pas sous l’emprise de l’alcool : la limite légale est basse et les sanctions sont sévères.
Numéros, manifestations, urgence et conseils utiles
Pour toute urgence, un numéro unique existe depuis un mobile, le 112, et la police est joignable au 10111. Le pays compte aussi un secteur privé de la sécurité très développé, d’où la présence fréquente d’intervenants, de quartiers fermés, de clôtures électrifiées et de barrières qui dessinent la vie de la classe moyenne.
Quelques informations à retenir. L’eau du robinet est potable en ville et dans les bourgs. Les hôpitaux privés sont de bonne qualité, contrairement au secteur public où le service peut manquer : c’est pour cela que l’assurance voyage est importante. Certains townships ne se visitent pas sans guide et les excursions organisées qui s’y rendent sont bien plus sûres et intéressantes. Et en cas de vol, il faut céder : téléphone, portefeuille, voiture se retrouvent ; la sécurité prime et tout le monde ici vous le confirmera.
Santé, eau et précautions complémentaires
L’eau du robinet est potable dans les villes et bourgs, tout comme la salade ou les glaçons en restaurant reconnu. Les risques sanitaires à anticiper sont le soleil, bien plus puissant que la température ne le laisse penser sur le Highveld, et la mer, dont les courants et les lames de fond peuvent être dangereux sur certaines côtes, avec une eau froide sur le littoral Atlantique.
L’assurance voyage a plus d’importance ici qu’en Europe, car un hôpital privé demandera une garantie avant tout soin et une évacuation médicale depuis une zone reculée coûte cher. Vérifiez ce que votre police couvre pour un safari ou une randonnée, et prenez très au sérieux la question du paludisme si vous vous rendez dans le Lowveld.
Autre sujet à connaître pour la sécurité : l’électricité. L’Afrique du Sud connaît depuis plusieurs années des coupures planifiées, le « load shedding », et même si la situation s’est améliorée, elle persiste selon les zones. Les hôtels et restaurants fonctionnent sur générateur ou batteries, si bien que les visiteurs ne remarquent rien, mais emporter une batterie externe et une lampe torche est utile pour un logement indépendant.
Êtes-vous vraiment exposé(e) ?
Prévoyez-vous de marcher après la tombée de la nuit ?
Comptez-vous conduire vous-même ?
Marcher la nuit, aux bons endroits
Marcher après la tombée de la nuit est habituel dans les quartiers animés du Cap et de Johannesburg : le Waterfront, la promenade de Sea Point, Sandton, Rosebank, et partout où restaurants et passants se croisent sur le trottoir. Ce n’est pas le cas dans les rues résidentielles calmes, les centres-villes ou pour relier à pied deux endroits agréables mais éloignés. Privilégiez la voiture entre les secteurs sûrs et marchez à l’intérieur de ceux-ci.
Conduire soi-même, comme les locaux
Verrouillez les portes, gardez les vitres fermées dans les embouteillages, laissez toujours un espace devant pour pouvoir repartir, ne marquez pas d’arrêt pour les passants vous faisant signe sur une route isolée, et faites la route de jour si possible, surtout hors des grands axes. Préférez toujours un parking surveillé et ne laissez rien de visible dans la voiture.
Toujours accompagné ou en transfert
Si vous préférez ne pas penser à tout cela, réservez vos transports : transferts aéroport, chauffeur pour les vignobles, visites guidées des townships, safaris avec guide. C’est plus coûteux que de conduire soi-même mais cela élimine les risques réels qui concernent les voyageurs, car un local prend les décisions sur les trajets et les horaires.
Avant d’arriver
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L’Afrique du Sud n’est pas un pays dont il faut avoir peur, ni un pays où l’on peut agir sans précaution. Adoptez les gestes locaux dès vos deux premiers jours, voyagez avec attention, conduisez de jour, et vous aurez un séjour aussi ordinaire que celui de millions d’autres voyageurs.




