Le pourboire en Afrique du Sud est l’un des usages les plus simples à comprendre. Il y a un chiffre partagé par tous, dix pour cent, et une série de petits gestes en espèces qui relèvent du quotidien plutôt que de la négociation. Ce qui étonne les visiteurs n’est pas le montant, mais la variété : le gardien de voiture, le pompiste, le porteur et la femme de chambre attendent tous un geste, et aucun ne va le demander directement.
Il faut préciser d’emblée que ce n’est pas un pays où l’on vous bouscule pour obtenir un pourboire. Les tarifs sont affichés, le compteur de taxi tourne, et le pourboire reste un bonus. Il faut donc simplement avoir l’appoint en pièces et petites coupures, et une idée des usages.
Restaurants, et la règle des dix pour cent
Dix pour cent sur le total, en espèces, laissé sur la table. Si l’addition inclut déjà le service, ce qui arrive pour les grandes tables ou dans certains restaurants, rien ne vous oblige à donner deux fois, même si beaucoup laissent quand même un petit extra car la totalité n’arrive pas toujours au personnel.
Faites attention à la façon dont vous payez. Ajouter un pourboire sur le paiement par carte fonctionne souvent, mais il n’est pas toujours reversé. Laisser de l’espèce est plus sûr. Et si vous payez par carte mais souhaitez que le pourboire soit un billet remis en main propre, dites-le : le personnel de salle sait exactement ce que cela veut dire.
Les personnes que vous croiserez en dehors du restaurant
Le gardien de voiture est l’institution locale qui intrigue le plus souvent les visiteurs. Sur un parking ou une rue, il y aura souvent quelqu’un en gilet réfléchissant qui surveille les voitures et attend quelques rands au départ. Il n’est employé par personne, occupe souvent la même place depuis longtemps, et c’est une véritable protection dans un pays où les effractions sont fréquentes. Payez-le, et remerciez-le.
Les stations-service fonctionnent sur le même modèle. Le plein est systématiquement fait par un employé : il remplit le réservoir, lave le pare-brise, vérifie l’huile si on le demande, et le règlement de l’essence se fait par carte à la pompe ou au kiosque. Le pourboire est de quelques rands, en espèces, et cet usage fait partie du fonctionnement.
Et il y a les autres. Un porteur reçoit quelque chose par bagage. L’entretien reçoit une petite somme chaque jour, plutôt qu’un forfait en fin de séjour, car la personne qui nettoie votre chambre peut changer selon le jour. Un trajet VTC s’arrondit. Un soin spa reçoit le même dix pour cent que le restaurant.
Guides, chauffeurs et équipes de safari
Le tourisme ici relève de l’économie de services, avec une véritable expertise, et le pourboire s’adapte à cette réalité. Un guide de ville ou un chauffeur à la journée reçoit en général un montant par groupe plutôt qu’un pourcentage, plus élevé pour la journée entière, et c’est la même chose pour un chauffeur privé sur une route des vins. Pour les visites de township ou les circuits culturels, les attentes sont souvent indiquées, et il est normal de demander.
En safari, l’usage est un montant par jour et par invité, collecté à la fin et partagé entre le ranger, le pisteur et le personnel du camp. Demandez au lodge ce qui est d’usage, car cela dépend du niveau de l’établissement, et remettez-le une fois pour toutes, et non à chaque sortie. Le pisteur est celui qui a trouvé le léopard, et ce système permet à tout le monde d’en profiter équitablement.
Pourquoi ces montants
Les salaires dans l’hôtellerie sont bas en Afrique du Sud, et le pourboire constitue une partie réelle du revenu et non un arrondi : serveur, gardien, pompiste ou femme de chambre comptent sur ces gestes. C’est la vraie raison de la règle des dix pour cent, plutôt que « ce qui vous paraît juste », et la raison pour laquelle un visiteur qui ne laisse rien se fait remarquer.
C’est aussi pour cela que l’espèce compte. Un pourboire ajouté sur un terminal reste dans la caisse de l’entreprise, au moins jusqu’à la répartition, alors qu’un billet remis en main propre n’attend pas. Gardez donc quelques petites coupures à portée et des pièces dans la voiture, car ces usages inattendus surviennent sans prévenir : un parking, une station-service, un pare-brise lavé à un feu rouge par quelqu’un qui a demandé avant.
Le seul cas où l’on ne donne rien
Rien à personne en uniforme, et rien à ceux qui se présentent comme officiels. Ce n’est pas un pays où verser une somme à un barrage ou lors d’un contrôle de police est une pratique ordinaire, et proposer le contraire transforme une simple vérification en problème. Si quelqu’un réclame tout en prétendant à une autorité, c’est à la police qu’il faut en parler, pas à votre porte-monnaie.
En Afrique du Sud, le pourboire s’élève à dix pour cent au restaurant et à quelques rands ailleurs, toujours en espèces, avec un stock de pièces dans la voiture. Le gardien de voiture ne relève pas de l’arnaque, le pompiste fait un service que vous feriez vous-même ailleurs, et l’équipe de safari est rémunérée par jour plutôt que par prestation.