La pyramide de Gizeh : le plateau, le Sphinx et la journée autour

Comment fonctionne le plateau de Gizeh : les trois pyramides et le Sphinx, qui les a construites, comment y aller depuis le Caire et gérer les vendeurs.

6 min de lectureInformations vérifiées le 26 septembre 2026

Réponse courte

Le plateau de Gizeh comprend la grande pyramide de Khéops, la pyramide de Khéphren et la pyramide de Mykérinos, toutes érigées sous la IVe dynastie de l’Ancien Empire, entre environ 2600 et 2500 av. J.-C., ainsi que le Grand Sphinx, long de 73 mètres et haut de 20 mètres, taillé directement dans la roche du plateau. Le site est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, au sein de « Memphis et sa nécropole », depuis 1979. Il se trouve à 9 kilomètres à l’ouest du Nil et à environ 13 kilomètres du centre du Caire : vous y rendre en taxi ou en voiture avec chauffeur est ce qu’il y a de plus pratique.

Les pyramides de Gizeh ne sont pas trois monuments dressés dans le sable. Il s’agit d’une nécropole au bord du désert Libyque, à treize kilomètres au sud-ouest du centre du Caire et à neuf du Nil, qui regroupe trois pyramides royales, les pyramides plus petites des reines, des temples, des chaussées, quatre cimetières, les vestiges de la ville des ouvriers, et le Sphinx allongé à l’est, regardant le désert. L’ensemble a vu le jour sous la IVe dynastie de l’Ancien Empire, entre 2600 et 2500 av. J.-C., et il faut lui consacrer au minimum une demi-journée, car les distances sur place sont réelles.

Une nécropole, pas trois monuments

Le plateau est un site archéologique actif organisé le long d’une crête. La Grande Pyramide se dresse à l’extrémité nord, celle de Khéphren quelques centaines de mètres au sud-ouest, et celle de Mykérinos plus loin encore. Le Sphinx se trouve à l’est, plus bas et plus près de la vallée, et l’espace entre les monuments est occupé par les mastabas des dignitaires et membres de la famille royale, alignés le long de rues et d’avenues à mesure de la construction des pyramides.

Le Sphinx n’a pas été sculpté dans un bloc acheminé sur place. Il a été taillé directement dans la roche du plateau et le calcaire dégagé autour de son corps a servi à ériger le temple qui lui fait face. C’est pour cela que le monument est en contrebas dans son enceinte plutôt qu’à la surface : carrière et statue relèvent de la même opération.

Les trois pyramides

Celle de Khéops est la plus grande et la plus ancienne, et conserve encore quelques pierres de son parement à la base. Ce parement était constitué d’un calcaire blanc très fin venu de Tura, de l’autre côté du Nil, transporté par barge, et l’essentiel a été retiré au Moyen Âge pour la construction du Caire. Voilà pourquoi la pyramide montre aujourd’hui ses assises escalonées à la place de la pente lisse d’origine. L’ensemble comprenait aussi trois pyramides de reines et trois fosses à bateaux, dont une abritait la barque de Khéops.

La pyramide de Khéphren est souvent prise, à tort, pour la Grande Pyramide. Elle est située plus haut sur la crête et sa pente est plus raide, ce qui la fait paraître plus imposante tout en étant inférieure en hauteur et en volume, et elle garde une bande marquante de pierres de parement à son sommet, qui la fait paraître intacte de loin. Son complexe comportait un temple de la vallée ayant livré plusieurs statues de Khéphren, le temple du Sphinx, une chaussée et un temple funéraire.

Celle de Mykérinos est la plus petite des trois et le seul grand monument du plateau à n’avoir conservé aucun parement poli d’origine. Elle a été achevée vers 2510 av. J.-C. et possède trois pyramides annexes. C’est celle qui montre le plus clairement ce qu’est une pyramide sous son revêtement.

Le Sphinx

Le Sphinx mesure 73 mètres de long de la patte à la queue, 20 mètres de haut de la base à la tête et 19 mètres de large à l’arrière-train, ce qui en fait la plus grande statue monolithique du pays, mais elle surprend par sa taille réelle, souvent jugée plus petite que prévu. Le Sphinx regarde vers l’est, en direction du soleil levant, ce qui rappelle le culte solaire de l’Ancien Empire.

Il a passé la majeure partie de son histoire enfoui sous le sable. Il était déjà enseveli jusqu’aux épaules à la Première Période intermédiaire, et la première tentative documentée de dégagement remonte vers 1400 av. J.-C., lorsque le futur Thoutmôsis IV dégagea les pattes avant et plaça entre elles une stèle de granit sur laquelle le dieu lui promet la royauté en échange de ce travail. Cette stèle du Songe existe toujours. Le site a de nouveau été dégagé à l’époque romaine, sous Néron, puis en 1926.

Le nez a été enlevé volontairement, à la barre de fer ou au ciseau, et l’histoire qui accuse l’artillerie de Napoléon est fausse : les dommages sont documentés au moins dès le Xe siècle et un récit du XVe siècle en attribue la destruction à un soufi choqué par les offrandes laissées à la statue. Des fragments de la barbe cérémonielle sont conservés au British Museum, et des traces de pigment rouge sur le visage suggèrent que la statue était à l’origine peinte. L’identité du visage reste débattue : le consensus penche vers Khéphren, mais aucune inscription contemporaine ne le confirme, et les arguments en faveur de Khéops ou Djédefrê restent ouverts.

Qui les a vraiment construites

La réponse a changé en trente ans, et les preuves sont sur place. L’équipe de Mark Lehner a fouillé la ville des ouvriers au sud-est des ensembles de Khéphren et Mykérinos, mettant au jour des dortoirs collectifs, boulangeries, brasseries, cuisines où pain, bœuf et poisson constituaient la base, un atelier de cuivre, un hôpital et un cimetière. Des hommes ayant survécu à des blessures compatibles avec des accidents de chantier y ont été enterrés ; les tombes sont suffisamment proches des monuments, avec bière et pain laissés pour l’au-delà, pour conclure qu’il s’agissait d’ouvriers fiers de leur travail.

Les chiffres font toujours l’objet de débats. Hérodote s’est vu dire que 100 000 hommes travaillaient sur la grande pyramide par équipes de trois mois pendant vingt ans. Les historiens modernes s’appuient sur les tombes et la cité ouvrière et estiment le chantier à vingt à vingt-sept ans, mobilisant vingt à trente mille travailleurs permanents, et les sépultures laissent penser à environ dix mille ouvriers à la fois. Rien de tout cela n’accrédite la légende du travail forcé popularisée au XIXe siècle.

S’y rendre et visiter

Le plateau se trouve à l’ouest du Nil, dans la ville de Gizeh, à environ neuf kilomètres du fleuve et treize du centre du Caire. Prendre un taxi ou une voiture avec chauffeur depuis la ville est l’option la plus pratique, à organiser avant de partir. Le métro arrive uniquement jusqu’à Gizeh, il faut donc finir en taxi, et les groupes guidés arrivent en autocar dans la matinée.

Achetez votre billet sur le portail officiel egymonuments ou sur place à l’entrée : considérez toute personne qui vous démarche comme un vendeur, non un service. Même logique pour les chameaux, chevaux et calèches : le tarif est négociable et doit être fixé devant témoins avant de monter, jamais après. Le plateau a bénéficié d’une rénovation de 17 millions d’euros achevée en 2021, avec centre d’accueil, bus électrique, toilettes, signalétique, restaurant (le 9 Pyramids Lounge), wifi gratuit : le site est désormais mieux organisé que sa réputation ne le laisse entendre. Le puits d’Osiris, une tombe verticale à trois niveaux, est ouvert à la visite depuis 2017.

Le reste de la nécropole

Gizeh forme la partie la plus au nord d’un site inscrit au Patrimoine mondial, qui se poursuit au sud à travers Abousir, Saqqarah et Dahchour : c’est la raison de consacrer plus qu’une photo aux pyramides. Saqqarah abrite la pyramide à degrés et la plus ancienne architecture en pierre du monde, Dahchour montre le passage vers la pyramide à faces lisses, et Memphis, capitale de l’Ancien Empire, se trouve entre les deux. Une journée qui commence tôt à Gizeh et enchaîne sur Saqqarah puis Dahchour permet de suivre toute la chronologie dans l’ordre.

Le Grand Musée égyptien, ouvert en totalité le 1er novembre 2025, se trouve à deux kilomètres du plateau et expose plus de 100 000 objets, dont les 5 398 pièces du tombeau de Toutankhamon dans deux salles dédiées. C’est la suite logique d’une journée autour des pyramides et le seul endroit d’Égypte où l’on apprécie d’être à l’intérieur l’après-midi.

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